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_______ Nature : OS ___'''__ Personnage principal : Bill Kaulitz __-___ Chanson : We are broken_______
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--- - Le 25/o1/2oo7

Un jour pluvieux... les gouttes s'écrasent sur la vitre de mon Hôtel... enfin, vitre... une baie vitrée...blindée... des fois qu'une folle voudrait la casser pour s'introduire dans ma chambre...pfff... Je suis la, sur mon lit, à me poser des milliards et des milliards de questions... je ne vois pas comment régler mes problèmes... Pourtant j'ai une vie... comment dire ? Pour la plupart des gens se serait un conte de fée... pas pour moi... Enfin, au début...si... Mais maintenant je ne sais même plus pourquoi je fais ça... Tout est devenu si commercial dans ce que nous faisons... je ne me reconnaît plus... avant je n'aurais jamais fait quelque chose uniquement pour le fric... Mais maintenant, je suis pris dans l'engrenage... j'ai beau me débattre rien n'y fait... Les gens qui nous soutenaient à nos débuts sont partit... pourquoi ? Je ne le sais pas moi-même... peut-être simplement parce que nous avons changé... ou alors à cause... des folles qui nous suivent partout... Mon frère vient d'entrer...comme d'habitude il a sa canette dans la main...il ne me regarde pas, on est tellement souvent ensemble qu'on a plus aucun plaisir a se côtoyer... Alors, on s'ignore... lui, s'affale sur le canapé comme un tas et moi je reste la, allongé sur le lit... le regardant parfois...rire aux imbécillités qui passent à la télé... C'est bien ce que je pensais... il n'a même pas sentit ma présence... même mon propre frère se comporte avec moi comme avec un étranger... Je ne sais plus à qui me raccrocher... La plupart des gens que je croise, je ne les connais pas, et puis je vois de nouvelles têtes tous les jours... alors... se faire des amis reste une tâche difficile...mais pas plus que les garder... Oh, mon frère tourne la tête, je crois qu'il m'a vu...
J...

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Désolé, je reprend l'écriture ici... je ne veux pas que mon frère sache que j'écris dans un journal... il se fou déjà assez de ma gueule parce que je suis trop efféminé a son goût...alors si en plus il s'aperçoit de ce que je fais, j'en ai pour des mois et des mois de vannages intempestifs ! Tout à l'heure quand il a tourné la tête, il m'a observé étrangement et m'a dit :

------------------Lui : « Qu'est ce que tu fou la ? A me regarder avec tes yeux de merlan frit ? »
------------------Moi : « Bah rien...j'te signale juste comme ça que c'est NOTRE chambre donc... »
------------------Lui : « Tu fais quoi au juste ? »
------------------Moi : « Rien... »
------------------Lui : « Menteur ! Fait voir ! »

La j'ai dissimulé du mieux que j'ai pu mon journal... mais c'était pas simple !


------------------Moi : « Fait voir quoi ? »
------------------Lui : « Arrête c'est bon je te connais par c½ur ! Fais voir ! »
------------------Moi : « Mais y'a rien a voir ! »

La, il s'est levé, d'un bon, et s'est approché de moi...il s'est assis sur le lit et m'a regardé pendant une bonne minute...


------------------Lui : « Aller... montre... »
------------------Moi : « Il n'y a rien a montrer, je viens de te le dire ! »
------------------Lui : « Pff t'es lourd ! Ouais bah laisse tomber c'est pas grave, je me tire ! »

Vexé ? Je ne sais pas trop, toujours est-il qu'il a quitté la chambre en claquant bien fort la porte... Je l'aime pourtant cet imbécile... malgré tout ce qui nous entoure... malgré cette pression permanente... Lui, il n'a pas l'air de se plaindre de cette vie... en même temps qui le ferais, si ce n'est moi ? Je ne sais pas pourquoi mais plus rien ne me va dans la vie que nous avons... Les gens parlent avec moi parce que ça fait : « bien » ou, par simple interêt... les filles... n'en parlons pas... elles ne me connaissent pas mais elles m'aiment et voudraient se marier avec moi... je ne peux même pas leur parler... d'une part parce qu'il y en a trop... et puis d'autre part parce qu'elle ne sont pas la pour me parler mais pour hurler mon nom, pour que je signe, pour pleurer en me voyant... J'ai 17 ans et j'ai l'impression d'avoir vécu 60 ans d'un coup... c'est une horrible sensation... je me dit souvent que je suis peut-être en train de gâcher toute mon adolescence... Parce qu'après tout je ne peux pas vivre normalement... non vraiment pas... Le moindre faux pas et je me retrouve avec une réputation a tomber par terre... Ah, en parlant de réputation je sens que mon frère va encore un peu l'alimenter ce soir ! Il entre à nouveau, mais pas seul...

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Encore une fois je suis désolé ! Je suis obligé d'aller écrire dans le hall de l'hôtel maintenant ! On aura tout vu ! Oui, il est comme ça mon double... il l'a toujours été... Tout à l'heure il est entré et m'a dit :

------------------Lui : « Hum, hum... tu voudrais nous laisser s'il te plaît ?... »

Il tenait une blondasse par la taille (je crois qu'il aime les blondes), une blondasse qui avait l'air fortement éméchée et complètement sous le charme de Tom, c'est limite si elle n'avait pas de la bave au coin de la bouche...

------------------Blondasse : « Oh ! T...Toi ! » m'a-t-elle dit en me montrant bien poliment du doigt...
------------------Moi : « Ouais, tu as raison je vais vous laissez... »
------------------Lui : « Ouais, tu ferais mieux ! »
------------------Blondasse : « Roooo chériiiii soit pas si méchant !!! »
------------------Lui : « Ann-Kathrin... t'es la pour moi ou pour lui ? »

...
Il y eu un gros blanc, Ann-Kathrin se tenait a mon frère pour ne pas s'étaler par terre... elle était complètement bourrée la pauvre... j'espère qu'elle aura oublié tout ça demain...

------------------Ann-Kathrin : « Mais enfiiiiiiiiiin ! Pour toiiii quelle question idiote... »

Je les ai regardé, mon frère me dégoûte... je n'aime pas ce genre d'attitude... mais je vous l'ai dit... il aime cette vie, c'est comme ça... Ann-Kathrin lui colla un baiser sur les lèvres et couru s'allonger sur... notre lit... le lit ou je vais dormir ce soir...

------------------Moi : « Tu t'arrangeras pour nettoyer les draps avant ce soir...je dors pas la dedans moi... »
------------------Lui : « Ouais, ouais c'est bon, retourne jouer à la barbie pendant que moi je m'occupe ok ? »
------------------Moi : « T'es pathétique, j'espère que tu le sais ! Cette pauvre fille est complètement arrachée ! »
------------------Lui : « Ouais et alors ? Crois moi-même lucide elle n'aurait pas dit non ! C'est ça notre vie mon vieux ! Faudrait que tu ouvres les yeux ! Tu claques dans les doigts et tu as toutes les filles que tu veux dans ton lit ! Moi j'en profite c'est tout ! Après si t'es assez bête pour ne pas en profiter, c'est ton problème... »
------------------Moi : « Ouais... j'ai saisis... amuse toi bien avec elle...je vais dans le hall... salut. »

A peine avais-je franchit la porte que déjà j'entendais les gloussements consentants de la blondasse... Je suis descendu et me voila ici...contraint et forcé d'aller dans ce foutu hall... J'ai de la chance, il n'y a personne... enfin c'est l'impression que ça donne... Il y a sûrement un photographe pas loin... Tant pis, je continue d'écrire de toute façon... Je ne sais plus trop ou j'en suis... je ne fais plus ce que j'aime... je fais ce qu'on me dit de faire, comme un petit toutou bien docile... On me pose sans cesse les même questions, et je passe ma journée à être souriant, attentif à tout le monde, à poser... Mais, est-ce que c'est vraiment cette vie la que je veux mener ? Je sais que je n'ai pas le droit de me plaindre...mais, je le fais pourtant... Peut-être tout simplement parce que j'ai envie qu'on m'aime pour moi, et par pour l'image que renvoie l'écran... Je suis entouré de milliers de gens, et pourtant je suis seul, très seul... Ca fait mal de voir que les gens sont avec vous par intérêt... Surtout, que ça me rend complètement parano... je ne sais plus qui croire... je ne sais plus qui est sincère... Et le fric nous transforme tout les 4... Je m'en rend compte... c'est involontaire bien sur... mais je le sens... On devient orgueilleux, on se croit au dessus de tout... je ne sais pas... je ne sais plus si je fait ce que je fait pour le fric ou pour le plaisir... pour mon plaisir... De toute façon je crois que je ne fais plus rien pour moi... je fais pour les autres... parce qu'on me dit de le faire voila tout... Comme j'aimerais, que quelqu'un me prenne dans ses bras et me dise : « Tout ira bien... je suis la et je te protège... » Mon frère ne le fera plus, je le sais... peut-être et même sûrement par rapport au « qu'en dira t'on » ... Je ne peux pas le blâmer... nous sommes grands maintenant, je ne peux pas lui demander d'être sans cesse derrière moi... mais, je crois que nous avons grandit trop vite... il est arrivé trop de chose en un peu plus d'un an et demi... ça nous a complètement transformé... Je ne veux plus de cette vie... je me sens trop mal...
Et...

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Ce n'était pas mon frère cette fois mais Georg... Il passait dans le hall pour aller dans sa chambre, celle juste à côté de celle de mon frère et moi... alors il est venu me parler...

------------------Georg : « Bah ? Qu'est ce que tu fais dans le hall ? »
------------------Moi : « Euh... je ne sais pas vraiment... disons pour faire simple que mon Frère skouate la chambre... si tu vois ce
------------------que je veux dire... »
------------------Georg : « Arf... il changera jamais celui la c'est pas vrai ! »
------------------Moi : « Non ça c'est clair et crois moi ça n'ira pas en s'arrangeant... »
------------------Georg : « Hein ? Comment ça ? »
------------------Moi : « Non rien laisse tomber... »
------------------Georg : « T'as l'air bizarre... tu veux en parler ? »
------------------Moi : « Non, merci Georg mais tout va très bien, je t'assure ! »
------------------Georg : « Tu es un piètre menteur... mais si tu ne veux pas en parler, c'est ton droit ! »
------------------Moi : « Merci... »
------------------Georg : « De rien... mais du coup, je ne sais pas ou je vais aller moi ! Parce que bon entendre leur gémissements ça
------------------va bien 5 min mais bon !
»
------------------Moi : « Je pense que tu peux monter... ils doivent avoir finit... la pauvre fille était complètement défoncée... donc
------------------elle a du s'épuiser très vite ! »
------------------Georg : « Elle était bourrée ?! »
------------------Moi : « Ouais... »
------------------Georg : « Il est malade ton frère ou quoi ?! David va le tuer cette fois ! Et elle a quel âge la gamine ? »
------------------Moi : « Euh, bah je sais pas mais pourquoi tu t'inquiètes ? »
------------------Georg : « Je sais pas, je la sens pas cette histoire... »
------------------Moi : « T'inquiète pas, l'autre imbécile a l'habitude de ce genre de chose, je pense qu'il sait ce qu'il fait va. »
------------------Georg : « Ouais, bah j'espère ! Bon, je monte moi... tu restes la ? Ou tu veux venir dans ma chambre ? »
------------------Moi : « Je vais rester la merci... »
------------------Georg : « Okay... à tout à l'heure alors... c'est a quelle heure la séance ? »
------------------Moi : « Quelle mémoire ! A 15h30, David nous l'a rabâché 100 fois ! »
Je lui ai alors fais un sourire.

------------------Georg : « ^^' j'ai du mal c'est tout... »

Et il est monté... La séance...pff je l'avais presque oubliée celle la... je n'ai pas envie d'y aller... à quoi bon de toute façon ? Cette vie ne mène vraiment à rien... je suis stressé sans arrêt, je ne dors plus, ne mange plus... déjà que je suis maigre comme un clou... Mais je n'ai plus le temps de rien... Le pire c'est de devoir faire semblant que tout va bien, et que je me plais dans cette vie superficielle... En même temps, je n'ai que ce que je mérite, j'en ai tellement rêvé de cette vie ! Pourquoi la rejeter maintenant ? Je ne me comprend pas... je n'arrive pas a me cerner... J'ai souvent pensé à la mort... il parait que le suicide c'est un acte égoïste... oui, c'est vrai mais ça peut tout aussi bien être une solution... un échappatoire... C'est ce que je me dit souvent : « Mon vieux, si t'en peux vraiment plus t'as toujours cette solution la qui te tend les bras ! » Moi, je trouve ça rassurant de se dire qu'on a toujours une dernière solution pour se sortir de tout ça... j'ai peut-être envie de prendre cette solution la... Je crois que se serait fait depuis longtemps s'il n'y avait pas mon frère... Je ne sais pas... je ne sais plus...
T...

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Je serais peut-être encore coupé dans pas longtemps, mon frère est pas loin, au téléphone... Il est descendu y'a un petit moment maintenant, il avait l'air énervé...


------------------Lui : « Pff... »
------------------Moi : « Quoi ? »
------------------Lui : « Ah, parce que ça t'intéresse ? »
------------------Moi : « Bah, évidement ! »
------------------Lui : « Ah ouais ? Et bien, il n'y a rien... »
------------------Moi : « Dit moi, t'as l'air énervé ? »
------------------Lui : « Ouep ! C'est la blonde la, cette imbécile c'est endormie comme une merde... du coup bah on a rien fait mais le ------------------pire c'est qu'elle rêvait de toi -_-' »
------------------Moi : « Hein ? »
------------------Lui : « Ouais, elle murmurait ton prénom... une vraie conne ! Je t'assure, dès qu'elle se réveille, elle dégage ! »
------------------Moi : « T'es vraiment horrible avec les filles toi, ça te causera des ennuis un jour ! »
------------------Lui : « Ouais c'est ça ! C'est que des gonzesses ! Et en plus elle sont folles de moi parce que je suis célèbre, riche
------------------et beau... j'te jure frangin on a une pure belle vie ! Je ne retournerais en arrière pour rien au monde...
»
------------------Moi : « Si tu le dis... »
------------------Lui, se redressant et en écarquillant les yeux : « PAS TOI ? »
------------------Moi : « Hein ?... euh ah ! Non non, moi non plus je ne veux pas retourner en arrière, ça va pas ! »
------------------Lui : « T'es vraiment bizarre en ce moment p'tit frère ! »
------------------Moi : « Moi ? Bizarre ? O_o pourquoi ? »
------------------Lui : « Je ne sais pas... tu insinues plein de chose, et tu as l'air triste... »
------------------Moi : « Non... Tomi... ça va... »
------------------Lui : « Tomi ? Ca fait des siècles que tu m'avais pas appelé comme ça p'tit frère... »
------------------Moi : « Je sais... mais ça me manque justement... »


Je ne sais pas pourquoi mais à ce moment la, je me suis mis a pleurer... pas très viril c'est vrai... je ne sais pas pourquoi... mais mon Frère m'a pris dans ses bras... C'était merveilleux de sentir enfin une étreinte sincère...


------------------Lui : « Hey... ça va aller ? »
------------------Moi : « Ou...oui... »
------------------Lui : « On va annuler pour la séance cette aprèm', je crois que t'es pas en état... »
------------------Moi : « Merci... »


Et, il est partit téléphoner a David... ça m'étonnerais que ce dernier accepte qu'on annule la séance au dernier moment...mais bon, c'est gentil de la part de mon double d'essayer... Je crois qu'il revient, je reprendrais cet écrit tout à l'heure...

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Il est 18h00, la séance est finie... ouais, on a été forcé d'y aller... mon frère s'est excusé de n'avoir pas pu convaincre David... il n'avait pas a le faire... c'était tellement gentil de sa part d'essayer... J'ai encore un goût amer dans la bouche... je ne me sens pas très bien... même si la chaleur de mon frère m'a redonné la pêche, je sens que je ne tiendrais pas longtemps comme ça... J'ai envie de retrouver ma vie d'avant... quand les gens m'aimaient et me détestaient pour ce que j'étais... quand je pouvais me permettre de faire des conneries... quand ma mère était toujours avec nous... Aujourd'hui, je vois plus David que ma mère, c'est pour dire... Je suis à bout... Je... je ne peux plus... On est de nouveau à l'hôtel...Ann-Kathrin est rentrée chez elle je crois... puisqu'elle n'est plus dans notre chambre...cette immonde chambre d'hôtel... un hôtel qui pu le luxe... Tout ici n'est qu'excès et mensonge... Au début, j'aimais cette vie, j'aimais ses hôtels 4 étoiles dans lesquels j'entrais en me pavanant... Maintenant, tout a bien changé... Je suis désolé mon Tom... désolé... Je n'y arrive plus, je ne peux plus faire semblant... Et je n'ai plus aucun espoir que tout changera... Tout à l'heure, je me suis regardé dans le miroir... j'ai touché mon visage... mais ce n'était pas moi que je voyais... tout ce qui se reflétait... c'était un gosse de 17 ans...un gosse qui a perdu sa joie de vivre... un gosse qui a perdu ses amis...un gosse qui a perdu sa propre identité... Je ne suis plus qu'un vulgaire produit marketing, un produit...qu'on trimbale a droite a gauche sans se soucier de ce que je ressens... Les gens ne connaissent pas mes sentiments... ils ne s'arrêtent qu'à la surface... ouais... ma coquille, ma jolie petite gueule de mec efféminé... Cette aprèm, tout c'est confirmé : « Met toi comme ça... non ! Relève le menton... non attend fais plus énervé...Mais raaah ! Pas comme ça ! Ah ! Oui la c'est bien... » Et moi je ne devais rien dire et exécuter les ordres... Faire ce qu'on me disait de faire... oui, il faut faire vendre... il faut que ma « belle gueule soit sur tous les magazines ! » J'allais mal pourtant, très mal... j'avais envie de crier... j'ai envie de crier depuis des mois... Mais ça, tout le monde s'en fou au final... J'ai l'impression de devenir fou... ce n'est d'ailleurs peut-être pas une impression... Je ne peux plus vivre comme ça... non... ça n'est plus possible... Tom pardonne moi...

Tom, je vais t'adresser ses mots... Mon frère, mon double...le seul qui m'ai jamais compris même si en ce moment on se chamaille souvent... Tu sais petit frère... je ne te l'ai jamais dit vraiment... de la pudeur ? Oui, sans doute... Mais... je t'aime Tomi... Et je t'en prie ne m'en veux pas... et surtout, ne soit pas triste ! Je veux que tu continues à faire ce que tu aimes ! J'ai pris ma décision... Moi je ne peux plus vivre comme ça c'est tout... tu ne dois pas t'en faire... tu ne dois pas me pleurer... tu dois vivre... Je sais que c'est facile pour moi de dire ça maintenant mais je sais que tu y arriveras petit frère, j'ai confiance en toi... Toi que j'aime du plus profond de mon c½ur...Toi qui ai toute ma vie... Toi sans qui je ne serais rien... Pardonne moi Tomi... J'ai aimé la vie que nous avons eu... jusqu'à ce que je ne me sente plus moi-même... Je te laisse lire mon journal en entier Tomi... Et je te donne tout ce que j'ai... Ainsi que mon c½ur et ma vie... Remercie les autres de ma part de m'avoir fait vivre de si beaux moments ! Remercie les de tout ce qu'ils m'ont apporté... Et demande leur de me pardonner, parce que je suis égoïste...parce que j'ai peur... Dit à David qu'il va me manquer... Et surtout, dit à maman... que je l'aime... soutenez vous l'un l'autre... je sais que vous y arriverez... parce que vous êtes fort... parce que vous vous aimez... Je vous aime tant... c'est le seul regret que j'aurais... vous quittez... Pour les fans... je sais que tu trouveras les mots p'tit frère... et je sais qu'elles comprendront... J'espère seulement que toi aussi Tomi... c'est mon choix... c'est la solution que j'ai choisi... Ton étreinte de tout à l'heure m'a donné plus de bonheur que je n'aurais pu l'espérer...

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Tomi, tu viens de me parler pour la dernière fois... pti frère... mais tu ne le sais pas encore...


------------------Lui : « Bill ? Est-ce que ça va ? »
------------------Moi : « Oui Tomi, je vais bien... »
------------------Lui : « Tu sais tout à l'heure... quand tu as...pleurer... »
------------------Moi : « Oui ? »
------------------Lui : « Je...j'ai... j'ai eu peur... »
------------------Moi : « Peur ? »
------------------Lui : « Oui... j'ai l'impression que tu ne vas pas bien... et je suis
------------------désolé de te traiter comme je le fait... je... je suis désolé...je devrais être plus disponible pour toi... je te promet de le
------------------faire maintenant... je te le jure...
»
------------------Moi : « Merci Tomi...je t'aime pti frère... »
------------------Lui : « Je... moi aussi... »

Et voila Tomi... c'est la dernière discussion que nous aurons... et c'est la plus belle que nous avons eu... Maintenant je vais stopper cette écriture... Et me laisser lentement envahir par le froid... Je t'aime petit frère, ne m'oublie jamais...

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• Le lendemain, on pouvait lire en première page du journal :

« En ce triste jour de janvier, le monde est encore sous le choc... Les deux jumeaux, Bill et Tom Kaulitz ont été retrouvés morts dans leur chambre d'hôtel... David Jost, le manageur du groupe Tokio Hotel est le seul à avoir trouvé le courage de parler... « C'est un suicide... » a-t-il simplement pu articuler... Personne ne comprend ce qui a pu pousser les deux jeunes prometteurs à commettre un tel acte... Trop de pression ? Impossible de savoir... Les parents du guitariste et du chanteur tiennent à garder les causes du décès secrètes... C'est avec grande émotion que, ce matin, 5000 fans se sont regroupées devant l'hôtel du groupe situé au centre de Berlin et ont déposé non sans larmes des fleurs et des bougies... L'acte de désespoir des jumeaux les plus célèbres de leur génération reste incompris. Les fans s'évanouissent, pleurent à cette annonce morbide. Georg et Gustav eux, ne veulent pas parler et ne peuvent pas parler pour le moment... Le choc, pour toute une génération va être difficile à encaisser... Stars montantes du rock... 17 ans... Des enfants tués par leur célébrité... Tout ce que nous pouvons dire c'est que leur histoire, leurs visages resterons à jamais gravés dans les mémoires... Nous laissons le dernier mot aux fans...

« Bill, Tom... Comment exprimer ce que nous ressentons aujourd'hui ? Nous sommes 5000 derrière ce message... cet ultime message... La douleur de votre départ est insoutenable... Pourquoi ? Pourquoi cet acte ? Pourquoi nous abandonnez vous ? C'est tellement difficile pour nous de comprendre... Nous vous aimions tellement... Rien que le fait de parler au passé nous donne la chair de poule... Jamais nous n'aurions pu imaginer que vous disparaîtriez si brutalement... Nous continuerons à vous aimer quoi qu'il puisse arriver... Vous avez à jamais marqué l'histoire du rock... Et... Vous avez a jamais marqué nos existences... Votre musique nous faisait tellement de bien ! Comment va-t-on faire maintenant ? Qui va nous consoler dans nos moments de déprime, dans nos pires moments ? Bill, Toi, l'ange du groupe... La beauté et la pureté... Tom, Notre petit crooner, Celui qui nous faisait tellement craquer, tellement rire... Nous ne vous oublierons jamais... Parce que vous êtes gravés dans nos c½urs... Et malgré votre départ prématuré... Nous vous aimons et nous honorerons votre mémoire... Bill & Tom, deux anges qui ont retrouvés le ciel... Vous allez tellement nous manquer...

Nous, vos fans... »

Article de Melle BERTHET. Le 26/o1/2oo7.
Témoignage : lettre adressée aux jeunes rockeurs de la part de leurs fans.
# Posté le mercredi 24 janvier 2007 14:17
Modifié le vendredi 18 juillet 2008 17:08

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_______ Nature : OS ___''.__ Personnages principaux : Bill & Léa __-___ Chanson : Summer 78_______
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Ce n'est pas possible ! Oublier son parapluie un jour comme celui-ci ! A croire que j'ai vraiment la poisse, d'habitude je l'emmène toujours avec moi. Enfin, je ne vais pas me plaindre, ça pourrait être bien pire. Et puis, c'est vraiment magnifique la Tour Eiffel de nuit, j'aurais eu tort de ne pas venir... surtout que c'est le dernier jour de mes vacances. Demain direction : Tours. Ca m'ennuie de rentrer. Vraiment. J'aime cette ville malgré toutes les critiques qui fusent à son sujet en France. J'ai tellement de souvenirs ici. Je ne sais pas réellement combien de temps j'ai passé dans la capitale durant mon adolescence... mais je crois avoir battu des records. C'est la première fois que je reviens depuis mes 19 ans. Et bien, ça fait un bail. Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas revenue plus tôt. Ca m'aurait sans doute rendue beaucoup trop nostalgique. Bon, je commence à fatiguer, je vais m'asseoir sur un banc cinq petites minutes. Et puis un peu plus mouillée ou pas, à mon niveau ça ne change pas grand-chose. Voila, celui la fera parfaitement l'affaire, juste sous la tour Eiffel en plus...c'est parfait ! C'est drôlement calme pour une ville si animée d'ordinaire. Je m'étonne de ne pas voir une armada d'asiatiques avec leurs appareils photos ! Quoi que... il est tout de même une heure du matin et vu le temps qu'il fait... C'est vraiment un mois de Juillet pluvieux. Tu parles d'un été ! Ca fait des semaines que ça dure ! De la pluie et encore de la pluie ! Bon, je ne suis pas venue la pour rien, autant prendre quelques photos de ce monument culte.

------------------_ « Bonsoir »

Bon, tant pis pour les photos. Je verrais ça plus tard. Je me demande qui peux bien avoir envie de me parler avec la tête de chien mouillé que je dois avoir. Je me retourne et m'arrête net. Ce visage... C'est étrange il me rappelle vaguement quelqu'un mais je n'arrive pas a me souvenir qui. Comme un vieux rêve oublié. Il est la, planté de tout son long devant le banc et me fixe. Attendant sans nul doute que je lui propose de s'asseoir. Son regard me trouble. Je baisse donc les yeux.

------------------_ « Bonsoir. »
------------------_ « Est-ce que je peux m'asseoir ? »
------------------_ « Bien entendu. »

Il s'exécute et je constate qu'il a deux cafés dans les mains. De très belles mains d'ailleurs. Particulièrement soignées, c'est assez rare chez un homme, on dirait presque qu'il se fait une manucure tous les jours. Comparé à moi qui me ronge les ongles...

------------------_ « Deux cafés ? »

Il me regarde et sourit, comme s'il était heureux que je constate ce petit détail. Je trouve qu'il y a quelque chose d'enfantin dans son sourire, c'est sûrement du à ses dents. Elles sont très étrangement placées. Pas vraiment en avant, pas vraiment droite, pas vraiment chevauchées... je ne saurais dire, c'est un peu comme si ses dents avaient refusé de s'aligner parfaitement. Cependant, cela donne un certain charme.

------------------_ « Oui, j'en ai pris un pour vous. »
------------------_ « Pour moi ? » dis-je d'un air plus que surpris.
------------------_ « Oui, il n'y a pas grand monde ce soir... Je vous observe depuis un moment déjà et je me suis dit qu'après
------------------quelques heures sous la pluie vous auriez sûrement envie de quelque chose de chaud.
»

Il avait raison, un bon café ne me ferait pas de mal. Délicate attention. C'est drôle, je ne pensais pas que les parisiens étaient si hospitaliers, comme quoi il ne faut jamais se fier aux préjugés ! Il me tend donc le breuvage en prenant soin de m'avertir qu'il est encore bouillant. Je le prends donc le plus délicatement possible en le remerciant de tout c½ur. Quel bonheur ! Mes mains se réchauffent, de plus, la pluie semble s'être apaisée.

------------------_ « Vous n'êtes pas de Paris vous ! » me dit-il l'air amusé.
------------------_ « Ca se voit tant que ça ? »
------------------_ « Oh, je ne dirais pas ça mais, une parisienne ne sort jamais sans un parapluie... et puis les parisiens connaissent ------------------la tour Eiffel par c½ur, par conséquent, pas besoin de la prendre en photo. »

J'aborde un léger sourire et regarde l'appareil que j'ai dans les mains. C'est vrai, il est très simple de voir que je ne suis pas d'ici. Mais, un détail vient de me frapper. Il a un léger accent que je n'avais pas perçu jusqu'à lors. Je ne parviens pas à en déceler la provenance, d'autant plus qu'il ne s'entend presque pas.

------------------_ « Je me trompe ou vous n'êtes pas d'ici vous non plus ? »
------------------_ « Oh. Je suis démasqué. » Nous sourions tout les deux. « Non, c'est vrai je ne suis pas un parisien pur souche. Et, ------------------pour être franc, je ne suis pas non plus un français pur souche. »
------------------_ « Ah oui ? Vous venez d'où alors ? »

Cette question semble l'atteindre comme un coup de poignard. Je sens bien qu'il y a un malaise. Quelque chose de pas normal. Il baisse la tête et son sourire s'efface subitement. Je suis mal à l'aise.

------------------_ « Hum. Vous n'êtes pas obligé d'en parler si ça vous gène. »

Il me regarde, hoche la tête. Je suppose donc que je n'en apprendrais pas d'avantage sur son origine. Cependant il continue et m'explique.

------------------_ « En fait, je viens d'Allemagne. Mais, ça fait 10 ans maintenant que je vis à Paris. J'avais 19 ans quand j'ai décidé ------------------de m'installer dans cette ville magique. Je ne regrette pas. »
------------------_ « 19 ans ? Et bien, c'est courageux...Vous avez le même âge que moi alors... Pourquoi avoir tout plaqué pour vivre ------------------ici ? »

Je m'arrête un instant et réfléchis à ce que je viens de lui demander. C'est vrai, après tout ça ne me regarde absolument pas !

------------------« Désolée, c'est sûrement personnel. »
------------------_ « Aucun problème, ça me fait même plaisir d'en parler. En fait, c'est tout simple. Je voulais changer de vie... oublier ------------------les erreurs que j'avais pu faire, passer à autre chose. En Allemagne il m'était impossible de faire ça. Totalement
------------------impossible même...
»

Il s'arrête quelque secondes et regarde dans le vague...après un long soupir il finit par reprendre son récit.

------------------« Pendant près de 3 ans, j'ai arpenté l'Europe en long et en large. Passant très souvent par la France. Je ne sais
------------------pas vraiment pourquoi mais ce pays m'a toujours fasciné. Et les français sont, à mon sens très accueillants !
»
------------------_ « Vraiment ? Ca n'est pas ce que pense la majorité des pays en tout cas. »

Il se met alors à rire.

------------------_ « Oui, vous avez entièrement raison. Pourtant moi j'ai toujours trouvé que la France avait quelque chose de plus
------------------que les autres. Aujourd'hui encore je ne saurais dire ce qui m'attire, ce qui me plait en elle. Tout ce que je sais c'est ------------------que ce pays m'a beaucoup apporté. Et Paris. Ah. Paris...
»

Je ne peux m'empêcher de sourire. Ces yeux pétillent à l'annonce de la capitale. C'est incroyable.

------------------« J'ai certains de mes meilleurs souvenirs ici. Je suis venu tout petit, mais se fut relativement furtif. Le véritable
------------------premier souvenir que j'en ai, remonte au 28 Septembre 2006. Quel moment magique...
»

28 Septembre 2006...cette date me dit quelque chose. C'est drôle... Ca fait beaucoup de coïncidences... non je dois faire erreur. C'est totalement impossible. Mais, ce visage, cette présence...

------------------_ « Et vous ? C'est la première fois que vous visitez la capitale ? »
------------------_ « Non, à une époque j'y allais même très régulièrement, bien qu'habitant à trois heures d'ici. Je passais mes
------------------journées à marcher dans les rues, à attendre. J'étais si naïve en ce temps la. Et puis... je n'y suis jamais retournée
------------------depuis mes 19 ans.
»

Les souvenirs remontent les uns après les autres... les rencontres que j'ai faite... les visages me reviennent un à un en tête. Comme si soudain ma mémoire s'était réactivée. Et ce groupe... c'est tellement étrange de repenser à tout cela maintenant.

------------------_ « Vous veniez souvent ? Pourquoi avoir arrêté si vous aimiez cette ville ? »
------------------_ « Oui je venais très souvent. Mais je ne venais pas pour rien, ou en tout cas pas dans le seul but de visiter la
------------------capitale dans ses moindres recoins.
»

Il s'est arrêté de parler...et moi aussi. Je n'aime pas ça, les blancs, c'est presque angoissant. Je suis presque certaine que c'est lui. Il y a peu de chances que je me trompe. Je sens les battements de mon c½ur s'accélérer, et mes joues se teinter de pourpre. Ces sensations, je les ai déjà vécues...cette montée d'adrénaline, cette excitation mélangée à de la peur, comme si on était en train de jouer notre propre vie sur cet instant même. Si j'ai cette réaction.... Est-ce vraiment lui alors ?

------------------_ « Pour quelle raison veniez vous ? »

J'hésite à répondre. Ma bouche s'ouvre en grand mes les mots ne veulent pas sortir. Mais qu'est ce que je risque après tout ? Ca me ferais peut-être même du bien de raconter toute cette période de ma vie à quelqu'un d'autre qu'à ma fille qui ne comprend pas un traître mot de ce que je peux lui raconter. Je déglutit difficilement et me décide enfin.

------------------_ « Hum. Au début je venais surtout parce que ma s½ur avait un appartement sur Paris. Alors, vous pensez bien, pour une fille de 16 ans c'est une aubaine. Et puis, j'avais pas mal d'amis qui vivait sur place... j'adorais les voir, rire avec eux. Comme je venais souvent, je dormais chez ma s½ur évidemment. Nous passions des soirées entières devant la télé à parler de tout et de rien. Et, un soir... nous sommes tombées sur une chaîne allemande...MTV il me semble. » Je m'arrête et repense à ce moment en souriant. « C'est la que je les ai vu, que je les ai découvert. » Je ris légèrement, un petit rire nerveux et totalement dénué de sens.
------------------_ « Que vous avez découvert qui ? »
------------------_ « Les Tokio Hotel. »

Il me fixe soudain, comme si j'avais dis une énormité. Je suis gênée et regarde un peu partout pour chercher de l'aide. Il me regarde toujours, baisse légèrement la tête et contre toute attente...éclate de rire ?

------------------_ « Euh je...j'ai dis une bêtise ? »
------------------_ « Non, non pas du tout. Vous étiez fan alors ? » Me répondit-il entre deux éclats de rire.
------------------_ « Oui... »
------------------_ « C'est fou... je suis venu dans cette ville pour tout oublier et me voila confronté à mon passé une nouvelle fois. »
il sourit désormais et moi je ne comprend pas bien ce qu'il se passe.

------------------_ « Excusez moi mais, j'ai vraiment du mal à vous suivre... »
------------------_ « Veuillez me pardonner. Continuez je vous en prie. »
------------------_ « J'aimerais d'abord comprendre si vous le voulez bien. »
------------------_ « Hum. » il inspecte ses mains pour éviter de me regarder. « Si je vous dit que je m'appelle Bill Kaulitz, vous me
------------------croyez ?
»

Je m'attendais à réagir comme une idiote. Comme je l'aurais sans doute fait en le rencontrant dans ma « jeunesse ». Mais étrangement je suis restée très sereine.

------------------_ « Oui, je vous crois. Pour vous dire la vérité, je l'avais sentis... »
------------------_ « Ah oui ? »
------------------_ « Et bien cela faisait bon nombres de coïncidences et je commençais à me poser des questions. C'est drôle, il y a
------------------encore 10 ans, j'aurais pleuré à ce moment précis. Aujourd'hui ça me fait simplement plaisir.
»
------------------_ « Je suis heureux que vous le preniez bien. »

En effet, son sourire est resté accroché à son visage. Il semble serein. Comme s'il m'avait révélé un très lourd secret.

------------------_ « Il n'y avait pas de raison que je le prenne mal. Bien au contraire. »
------------------_ « La plupart des gens réagissent mal... ou du moins de façon étrange quand je leur dit qui je suis... »

Je le regarde. Lui qui m'a tant obsédé quelques années auparavant. C'est tellement étrange de se retrouver face à lui... en un lieu et un moment que je n'aurais jamais pu imaginer. Il a tellement changé, ces cheveux sont coupés à raz et ont retrouvé leur couleur d'origine : blond foncé. Le maquillage charbonneux de jadis a totalement disparu de ses paupières, ce qui n'enlève rien à l'intensité de ses yeux marrons. C'est vrai, il est difficile de le reconnaître au premier coup d'½il. Il a légèrement grossit, ce qui sincèrement n'est pas un mal, il remplit enfin son jean. Jean tout simple d'ailleurs. Plus aucunes babioles, colliers imposants et autres mitaines... à croire que tous ces artifices sont tombés petit à petit à mesure qu'il a grandit et mûrit. Il ne reste que peu de vestige de son passé de rockeur : ses piercings bien évidement et la petite touche plus qu'amusante, ses ongles sont toujours peint en noir.

------------------_ « Oh. Vous savez j'ai beau avoir l'air décontractée, à l'intérieur je bous, je suis nerveuse même. » Je le regarde
------------------une fois encore, il me sourit, un sourire qui se veux rassurant... « Tu...vous avez changé en 10 ans... »
------------------_ « Nous pouvons peut-être nous tutoyer maintenant, qu'en pensez-vous ? »
------------------_ « Oui, se serait certainement plus simple. »
------------------_ « C'est vrai, j'ai changé. En bien ; du moins je crois. De toute façon il fallait que je change, du tout au tout. J'ai grandi, compris certaines choses... A l'époque ou vous...tu m'as connu je n'étais qu'un jeune con arrogant. Les fans refusaient de le voir, et, peut-être que ce n'était pas si voyant que cela... mais je l'étais pourtant. Au final, j'en suis venu à me détester. »
------------------_ « Ce qui t'as poussé à tout arrêter au mois de Novembre 2008 ? »

Il s'arrête de parler, regarde le sol et semble profondément triste. Comment oublier ce jour... cette annonce... Ce 20 Novembre 2008, j'avais 19 ans, des rêves plein la tête. Et lui d'Allemagne il nous avait annoncé qu'il ne voulait plus, qu'il arrêtait. « Je ne peux plus. Il est temps pour moi de passer à autre chose. Tokio Hotel c'est du passé. Je dois tourner la page pour pouvoir avancer... » Ces mots m'avaient tellement atteint à l'époque, j'allais mal. C'était la pire des choses qui pouvaient nous arriver à nous, les fans. Nous avons crié, pleuré...mais jamais nous n'avons compris. Tant de questions sans réponses... tant de chagrin et jamais une explication valable. Aujourd'hui j'ai pris le recul nécessaire face à cela. Mais je voudrais tellement comprendre, savoir ce qui l'a poussé à prendre cette décision qui à, finalement, conduit à la mort des « TH » comme nous les appelions. Je l'observe, attend une réponse de sa part... il regarde toujours par terre et ne semble pas décidé à dire quoi que se soit. Il soupire. Il se redresse soudain et commence à m'expliquer, d'une voix hésitante ; maladroite.

------------------_ « A vrai dire ça n'est pas vraiment pour cela que j'ai tout plaqué. » Il prend alors une grande inspiration. « En fait,
------------------il s'est passé quelque chose de très grave... qui a tout changé pour moi.
»
------------------_ « De grave ? Mais... nous n'avons jamais eu vent d'aucun évènement de ce genre à l'époque. »
------------------_ « Je sais. L'affaire a été étouffée au maximum... et puis nous n'étions pas directement responsable...mais...c'était
------------------trop pour moi...
»
------------------_ « Que s'est-il passé alors ? »
------------------_ « Et bien... s'est arrivé début Octobre. Le dernier concert du « Warum Tour » en Allemagne, à Köln...enfin Cologne. Environ 10 000 personnes. Je m'en souviens comme si c'était hier, j'étais exténué à cause des autres concerts un peu partout en Europe... Mais j'étais heureux. Une salle comble une fois encore... il n'y avait pas à dire, nos fans étaient vraiment géniaux. » Il sourit, et semble partir dans ses pensées les plus profondes. « A la fin du concert, j'ai jeté ma serviette... comme à l'accoutumée... jamais je n'aurais du faire ça ce soir la. Jamais. »

Le lancé de serviette... oui, c'était toujours le moment le plus étrange du concert. A la fois on voudrait l'attraper, l'avoir pour soi... mais d'un autre, c'est l'horreur, on se demande jusqu'où on serait prêt à aller pour en avoir un petit morceau. C'est terrifiant. Après quelques secondes d'arrêt et de réflexion, Bill s'est décidé à continuer... moi je préfère ne pas parler... je l'écoute simplement.

------------------_ « Comme à chaque fois, il y eu une énorme vague. Les fans voulant toutes ma serviette. Moi, sincèrement j'étais content, flatté presque. Je ne me rendais même pas compte que tout ses mouvements de foule, toute cette hystérie pouvait finir par être dangereuse pour nos fans eux même. J'étais un égoïste, j'avais peur pour moi, jamais pour vous. Je ne me suis jamais dit qu'un jour vous pourriez en venir aux mains pour moi... je ne me posais même pas la question. J'adorais vous voir crier mon nom, j'adorais voir que vous étiez prête à tout pour moi alors que jamais vous n'auriez eu la moindre petite chance avec moi. C'était excitant... j'étais un petit con irrespectueux... »

Il semble sincère dans ce qu'il dit. C'est vrai que nous en tant que fans, on avait souvent du mal à admettre que l'un des membres du groupe puisse être un sale gamin pourri gâté qui ne pense qu'à lui. Aujourd'hui, avec le recul des années je me rends compte de la stupidité dont nous faisions preuve. Mais je ne regrette pas tout ce que j'ai pu faire pour ce groupe. C'était une belle expérience quoi qu'il en soit... j'aimais leur musique, j'aimais ce qu'ils dégageaient...

------------------_ « C'était peut-être un peu normal quelque part... vous avez été balancé tout jeune dans ce monde... vous avez du
------------------vous adapter... vous avez du grandir plus vite que les autres...
»
------------------_ « Ca n'est pas une excuse... vraiment pas... j'ai été si odieux... et voilà ou ça m'a conduit... à cet accident... »
------------------_ « Que s'est-il passé à la suite de ton lancé de serviette ? »

Il me regarde l'air grave. Je vois les larmes monter dans ses yeux. Même après 10 ans cette histoire semble le blesser avec la même intensité. Je vois qu'il tremble légèrement.

------------------_ « Tu n'es pas obligé d'en parler... après tout cela remonte à 10 ans. Ca ne vaut peut-être plus la peine que tu m'en ------------------parles... tu as tourné la page, moi aussi. Nous avons évolué, grandit alors c'est sûrement inutile de remuer les
------------------mauvais souvenirs...
»
------------------_ « Non. » me dit-il d'une voix mal assurée. « Il faut que j'en parle. Ca me ronge depuis trop longtemps... depuis que
------------------s'est arrivé, je n'en ai jamais reparlé. J'ai tout gardé au fond de moi. Et je crois que ce soir tu as le droit de savoir la
------------------vérité... si tu veux bien l'entendre...
»
------------------_ « Oui... je t'écoute. »
------------------_ « Quand je l'ai lancé, je n'ai rien vu de particulier... du moins rien de plus que d'habitude, elles se battaient pour l'avoir... je n'y ai pas vraiment prêté attention. Blasé. Je crois que c'est le mot exact. Ce n'est qu'une fois dans les loges que j'ai appris ce qu'il venait d'arriver dans la fosse. David est entré dans la pièce, complètement affolé, nous disant qu'il y avait eu un incident. Nous n'avons pas compris tout de suite. Tout ce qu'on a su c'est qu'une jeune fille était envoyée à l'hôpital. Nous avons en premier lieu pensé à une crise d'épilepsie ou quelque chose dans ce goût la. Mais nous nous sommes lourdement trompés. Le lendemain David nous a réuni, il avait une mine affreuse... nous nous sommes tous moqués de lui...mais nous avons vite déchantés. La jeune fille était morte à l'hôpital la veille. J'ai cru que mon c½ur allait s'arracher de ma poitrine. Je me suis sentit mal tout à coup... ma vue s'est troublée. Je me suis assis, pour me calmer et essayer de rependre mes esprits. J'ai posé des milliards de questions pour savoir comment ça avait pu arriver. C'est la que j'ai compris que... qu'elle... était morte par ma faute. »

Il s'est de nouveau renfermé sur lui-même. Je sens bien qu'il évite de croiser mon regard. Il semble presque apeuré. Pour être franche, je ne suis pas très à l'aise non plus. A l'époque, tellement de rumeurs circulaient sur le groupe... impossible de décerner le faux du vrai. Mais jamais je n'avais entendu parlé de cette histoire. Une fan est morte alors... mais je ne comprend pas que l'affaire est pu être étouffée à ce point. C'est tout de même affolant. Toute cette hystérie autour d'eux et moi qui ne comprenais pas pourquoi mes parents s'inquiétaient... j'étais vraiment naïve...

------------------_ « Pourquoi serait-elle morte par ta faute ? Tu n'y es pour rien... »
------------------_ « Elle a succombé aux blessures que lui ont infligées deux autres fans... sous prétexte qu'elle avait réussi à
------------------prendre ma serviette...
»
------------------_ « Elles... l'ont battu à mort pour lui voler sa...enfin ta serviette ? »

Je n'en reviens pas, j'écarquille les yeux... Mais la sécurité, les gardes du corps ? En même temps, dans la masse... difficile de détecter quoi que se soit de suspect. Mais c'est impossible... les fans n'ont pas pu tomber la dedans. J'ai vraiment du mal à réaliser... tant de jalousie, de haine entre nous. Je me souviens de ses rivalités puériles... Mais en arriver à la mort de quelqu'un... Je tombe de haut. Je réalise la folie que c'était.

------------------_ « Oui... elle est morte à cause de moi... »
------------------_ « Tu n'as jamais poussé qui que se soit à battre quelqu'un à mort. Tu n'es pas vraiment responsable. »
------------------_ « Si je le suis. C'était de la provocation ! Une invitation à se battre pour moi ! Je... je ne me rendais compte de rien... » Une larme roule maintenant sur sa joue. « Je ne cesse de m'en vouloir. Si je n'avais pas lancé ma serviette pour faire mon beau ce soir la, elle serait encore en vie. J'étais un idiot. Je me suis fait manipuler du début à la fin. Nos producteurs avaient très bien compris qu'il y avait des millions à se faire. Nous on faisait ce qu'on aimait, le reste, on s'en foutait totalement. Pourtant tout était calculé au millimètre près. Et nous obéissions, comme de petits toutous bien dociles. Jamais nous n'avons pris une décision seuls. Nous faisions ce qu'on nous disait de faire, point c'est tout. Toutes actions étaient faites pour mieux vendre...même celles qui semblaient les mieux intentionnées. On ne voyait rien, ou plutôt, on ne voulait rien voir. On avait une vie géniale et confortable, que demander de plus ? Les gens nous adulaient, venaient à nos concerts...c'était tout ce que nous voulions. En attendant, nos producteurs se faisaient du fric d'en notre dos... grâce à l'hystérie que nous déclenchions partout ou nous allions. Cette folie ambiante faisait notre réputation, on touchait un public plus large, plus jeune aussi... qui dépensait sans compter. Mais voila ou tout ça nous a conduit, des courbettes, des sourires forcés, des styles bien spécifiques... tout ça pour que nos fans s'entretuent... Le prix de la gloire ? Non. Un incident comme celui la n'aurait jamais du arriver. Jamais. Notre musique aurait du compter plus que notre image... Nous aurions du nous rebeller contre nos producteurs... mais tu penses, nous étions trop fiers, trop arrogants et trop bien comme ça pour risquer de tout perdre. »

Je ne réponds rien. En fait, je ne sais pas quoi dire, quoi lui répondre. Sur le fond il n'a pas tord. Un accident comme celui la n'aurait pas du arriver...

------------------_ « Je suppose que la famille a porté plainte contre vous... »
------------------_ « Non. » Il rit jaune tout en laissant deux larmes s'échapper. « Non, ils ont porté plainte contre les deux autres fans qui ont été jugé. Nous n'avons même pas eu d'ennuis pour tout ça... Si ce n'est celle des journaux à scandales... Mes producteurs ont du payer cher pour le silence des journalistes, de la presse, et de tous les médias en général. Bien entendu nous avons du payer une compensation à la famille, quoi de plus normal... mais l'argent ne rachète pas une vie... Ainsi, nous n'avons eu aucun problème et David voulait même qu'on fasse comme si tout était normal. Impossible pour moi. J'ai essayé pendant quelques semaines... mais je ne dormais plus, je ne vivais plus... j'avais une mine fatiguée... David était énervé parce que je semblais aller mal... et que mon image à la télé s'en ressentait... Mais j'allais vraiment mal, je ne pouvais pas me pardonner d'avoir causer la mort de cette fille... si jeune... elle avait seulement 15 ans. »
------------------_ « Mais... ça n'est pas vraiment ta faute. Après tout, même les parents de la jeune fille ont jugés que ça n'était pas
------------------de votre fait.
»
------------------_ « C'est pire justement ! J'aurais voulu qu'on me juge, qu'on m'en veuille ! Que je paye pour cet accident ! Au lieu de ça, j'ai du apprendre à vivre avec... la culpabilité me rongeant les tripes un peu plus chaque jours. Je ne pouvais plus faire semblant... c'est pour ça que j'ai tout arrêté ce Novembre 2008... Je ne regrette pas cette décision. Avec le recul je me rends compte que c'est probablement l'une des meilleures choses que j'ai faite dans ma vie. L'image du groupe ne me correspondait plus... je m'en aperçois maintenant... nous étions des pantins. Nous ne voulions pas ouvrir les yeux mais nous étions bel et bien devenu une machine à fric. Les fans...enfin, vous l'aviez bien sentit d'ailleurs. »

Ca n'est pas faux. Il y a dix ans nous avions lutté contre la sur-commercialisation des TH. Décidément être fan de ce groupe relevait du parcours du combattant... j'ai un petit rictus nerveux en y pensant. Mais ça n'était peut-être pas si mal au final. Disons que ça nous donnait un but, des convictions... On se battait pour une cause même si, il faut l'avouer, il y avait des problèmes bien plus graves dans notre société. Je me rappelle, toute cette histoire me tenait vraiment à c½ur. Je me sentait presque importante... alors que nous ne faisions rien d'autre que signer des pétition et faire des actions minimes... mais ça me suffisait. Quel bonheur de se sentir utile, de voir que l'on a un but et des convictions bien claires. Plaisant. C'est le mot.

------------------_ « Oui, c'est vrai... on s'est pas mal bougé pour vous empêcher de sombrer dans ce cercle vicieux. Mais... ça ne nous enlevait pas notre amour pour vous. »
------------------_ « Je me demande ce qui pouvait bien vous plaire en nous... »
------------------_ « Plus de choses que tu ne le penses. Tu sais, pour vos fans, ce groupe représentait une bonne partie de leurs vies. On aimait votre musique bien entendu, elle était comme un remède pour nous... elle nous accompagnait un peu partout ou nous allions. Et puis votre présence sur scène, ces concerts tellement magiques. Nous faisions de superbes rencontres garce à vous. Nous formions une sorte de grande famille et c'était très agréable. »
------------------_ « Vraiment ? »
------------------_ « Oui, même si parfois c'était compliqué... j'ai adoré cette période de ma vie. Je crois que grâce à vous j'ai grandi, ça m'a donné un but, cela peut sembler stupide mais, ça m'a permis d'avancer quelque part. Et puis, à l'adolescence on a l'impression que tout est toujours compliqué et contre nous... avec vous, on pouvait s'échapper, penser à autre chose, rêver... oui, c'était comme un petit paradis. »
------------------_ « Je suis heureux de l'entendre dire... ça me touche... parfois j'avais l'impression que ma gueule comptait plus que le reste pour mes fans... ça faisait mal de voir qu'elles me voyaient simplement comme un fantasme. Je suis rassuré de voir que ce n'était pas le cas de tout le monde. Mais, et maintenant que tu sais... pour la mort de cette fille... tu ne me méprises pas ?»
------------------_ « Non. Je suis atterrée de voir ce que la jalousie et la haine peuvent entraîner... mais je ne te considère pas comme responsable. Bien sur tu as été acteur de cet accident, mais c'est surtout cette folie autour de vous qui a tout provoqué. Pourquoi les fans se comportaient comme ça ? Je n'en sais rien, et je crois que jamais nous ne saurons. Les médias y sont grandement pour quelque chose en tout cas... je crois cependant que les plus grands responsables ici sont vos producteurs... qui vous ont poussé dans l'erreur du début à la fin sous prétexte de se faire toujours plus de fric. Si certains doivent se sentir coupable, ce n'est pas toi mais bien eux. »
------------------_ « Je... merci... ça me fait tellement de bien... ces paroles... merci. »

Il a effectivement l'air apaisé. Comme si on le comprenait enfin. Il me regarde et bois son café gorgée par gorgée. Je fais de même. Tokio Hotel... quelle superbe expérience... c'est vrai que l'on était excessives et naïves mais... ça avait quelque chose de beau... quand je pense à tous les gens que j'ai pu rencontrer... Hélas, on s'est toutes perdues de vue. Si ce n'est avec Aude avec qui je maintiens une amitié encore très forte aujourd'hui. Sans les TH jamais nous ne nous serions connu... quel gâchis tout de même. Rien que pour ça je ne peux que leur être reconnaissante. Oh, bien sur aujourd'hui j'ai grandi... et je ne referais certainement pas toutes les folies de la Terre pour eux mais... je garde un souvenir très vif de cette époque. Et puis le départ de Bill Kaulitz m'a toujours hanté. Sans cesse je me demandais pourquoi ? Aujourd'hui j'ai la réponse... même si elle est navrante... désormais je sais. Même des années après ça fait du bien de connaître la vérité. Revenir à Paris me fut bénéfique en fin de compte. Dire que je mettais jurée de ne pas revenir... le départ de Bill signifiait la fin d'un époque... je n'avais plus de raison de revenir sur Paris... plus d'autographes à traquer... plus de concerts...plus de délires sur eux... C'est totalement idiot quand j'y pense. Paris me faisait du bien, j'aurais du revenir plus tôt... Maintenant je dois partir et je n'en ai vraiment plus envie.

------------------_ « Mon dieu ! Trois heures du matin ! » Dis-je en regardant ma montre. « Mon train arrive dans deux heures ! »
------------------_ « Je peux t'accompagner à la gare si tu veux. »
------------------_ « Ca serait très aimable de ta part. »

Il se lève et jette le gobelet de son café à la poubelle. Je fais de même et nous avançons ensemble vers le métro. Nous ne parlons plus... je crois qu'il est plongé dans ses pensées, il semble aller réellement mieux. Je suis heureuse de le constater. Nous arrivons devant la bouche de métro en quelques minutes.


------------------_ « Suis-je bête ! Il n'y a plus de métro à cette heure ci ! » m'annonce Bill. « Je suis désolé, ça m'était complètement ------------------sortit de la tête ! A quelle gare tu vas ? »
------------------_ « Montparnasse. »
------------------_ « On peut y aller à pied. Tu as encore du temps devant toi. D'ailleurs ou vas-tu ? »
------------------_ « Je rentre chez moi. Je vais retrouver mon mari et ma fille de deux ans. »
------------------_ « Tu as une fille ? »
------------------_ « Oui. Et toi, des enfants ? »

Il éclate alors de rire, un rire pur et clair. J'ai encore du dire une idiotie.


------------------_ « Non, ça ne risque pas. Je ne suis pas du même bord que toi. »
------------------_ « Oh, je suis bête ! J'aurais du m'en douter ! »

On se sourit.


------------------_ « Ca ne te choque pas plus que ça ? Moi qui est été le fantasme de milliers de filles ? »
------------------_ « En fait, quand j'y réfléchis non. Tu as toujours été très maniéré, même encore aujourd'hui. Quand j'étais fan de
------------------TH je pensais que tu étais Bi. Je me faisais très régulièrement lyncher pour mes idées d'ailleurs !
»

Ca n'a pas l'air de l'étonner. Il sait que les fans ont du mal à admettre que leur fantasme, que l'homme parfait puisse en fait être homosexuel. Personnellement je n'ai jamais eu de problème avec ça. Quelque part je trouvais ça mieux. Ca nous permettait de ne pas trop fantasmer justement. Même si à la base nous n'avions déjà aucune chance avec lui. Je lui ai alors demandé de me raconter un peu sa vie. Je voulais en apprendre un peu plus sur lui.

------------------_ « Je me suis installé ici comme tu le sais. Je ne savais pas vraiment quoi faire de mes dix doigts. D'autant plus que j'étais encore très jeune. J'ai chanté dans des bars pour m'occuper, l'argent n'étant pas vraiment un problème... j'avais pris soin, au préalable, de changer totalement de look pour qu'on ne me reconnaisse pas. Rien que le fait de me couper les cheveux a été radical, les gens m'ignoraient, c'était...étrange pour moi, presque terrifiant. J'ai eu du mal à m'y faire mais j'ai considéré que c'était un nouveau départ... un nouveau moi. J'allais et venais dans cette ville, je me rendais à toutes sortes de représentations, j'errais. La mort de cette fan me hantait toujours... je n'arrivais pas à m'en défaire. Comme une ombre qui restait collée à moi. Je me suis acheté un appartement à la Défense... j'ai rencontré pas mal de gens, et un jour j'ai croisé le chemin de Mathis qui fut finalement mon compagnon pendant près de sept ans. »
------------------_ « Oh, vous vous êtes séparés ? »
------------------_ « Oui, je crois qu'il n'était plus vraiment heureux avec moi, il a eu besoin d'aller voir ailleurs. Notre séparation me fait encore mal mais nous sommes restés en bon termes. C'est le principal. Depuis, je vis seul, quelque part c'est sûrement mieux comme ça. La solitude ne me réussit pas si mal. Je continue de chanter dans des bars, je me suis mis à la guitare aussi... cela me rappelle mon frère... Il me manque. Pendant que je changeais complètement de mode de vie, Tom, lui, est resté en Allemagne et a réussit une carrière plus que brillante dans le rap. Je ne le revois que très rarement, il est très pris même s'il s'en tiens à mon pays natal. Ca me manque, cette fusion que nous avions autre fois. Disons que contrairement à moi, la mort de cette fan ne l'a pas abattu. Il est allé de l'avant. Je suis heureux de voir qu'il s'en sort bien, il fait ce qu'il aime, du moins je crois. »
------------------_ « Depuis quand ne l'as tu pas revu ? »
------------------_ « Ca doit bien faire 8 mois maintenant. Ca commence à faire long... »
------------------_ « Effectivement... et Georg, Gustav ? »
------------------_ « Hum... et bien Georg, j'ai gardé contact avec lui, nous nous écrivons, nous appelons. Mais cela reste superficiel. Il est resté en Allemagne lui aussi et se voir est devenu de plus en plus compliqué. Il s'est marié il y a peu d'après ce qu'il m'a raconté et un bébé est en route. Et Gustav... »
Il marque une pause mais continue de marcher.

------------------_ « Je n'avais plus aucunes nouvelles. Mais, il y a un mois environ... Il m'a appelé. Pour m'annoncer que... qu'il avait une maladie grave, incurable. Je suis tombé de haut, je me suis maudit de ne pas avoir pris de ses nouvelles, je m'en suis tellement voulu. Il m'a dit que je ne devait pas regretter, il voulait simplement nous réunir une nouvelle fois avant de mourir. J'y suis allé il y a quinze jours, Tom ne pouvait être présent ce jour la, mais il était passé le voir une semaine avant. Il était très faible mais semblait très heureux de nous voir Georg et moi. Nous avons parlé, beaucoup parlé. La mort ne lui faisait pas plus peur que ça. Il n'avait pas la moindre attache si ce n'est nous, il ne s'est pas marié, il n'avait pas de petite amie... c'est resté un grand solitaire, comme à son habitude. »

Tout cela me fait un choc. Gustav semblait pourtant être le moins exposé à des problèmes de santé. Apprendre qu'il va mourir, c'est si...brutal. Jamais je n'aurais pu m'imaginer une chose pareille. C'est difficile à encaisser.


------------------_ « Oh...je...je ne sais pas quoi dire... Gustav... » Je sens les larmes me monter dans les yeux. Je ne pensais pas que
------------------cela m'affecterais autant.
------------------_ « Il lui reste quelques semaines tout au plus... Si jeune... même les médecins n'ont pas compris pourquoi sa
------------------maladie s'est développée si rapidement...ça me fait tellement de peine... à croire que j'emporte la mort un peu partout ------------------avec moi.
»
------------------_ « Ne pense pas des choses pareilles Bill. »
------------------_ « Je n'arrive pas à me faire à l'idée qu'il va nous quitter... »

Il me prend alors la main, pour se rassurer, pour sentir de nouveau une chaleur. Je le laisse faire, ça n'a rien de malsain après tout et si ça peut le soulager. La tristesse peut se lire facilement sur nos visages. J'ai du mal à contenir mec larmes et lui ne les retient même plus. Je vois la gare. Il est presque l'heure, nous avons marché lentement. Nous entrons tout les deux dans l'immense hall. Mon train vient juste d'arriver. Je suis profondément fatiguée, avec tout se remue ménage je n'ai pas dormi.

------------------_ « Bien, je vais te laisser ici. » il rit tout en essuiyant ses pleurs. « Avec tout ce récit sur ma vie, je ne t'ais même pas ------------------demandé ton prénom. »
------------------_ « Léa. Ca m'a fait du bien de te parler Bill, vraiment. Ne serait ce que comprendre ce qu'il s'est passé il y a dix ans ------------------est un grand soulagement pour moi. Merci. »
------------------_ « Non, je crois que c'est à moi de te remercier, grâce à toi j'ai pu parler sans complexe à quelqu'un, sans craindre
------------------de me faire juger... je me sens compris pour la première fois. Je vais pouvoir aller de l'avant désormais. Alors je te
------------------remercie pour tout ça. Léa...
»

Il regarde mon visage, puis plonge ses yeux dans les miens. Il approche ses lèvres des miennes qui finissent par se toucher. Ca n'est pas un baiser d'amour, c'est un baiser tendre et sans arrières pensées. C'est une sorte de merci, il me dit adieu, me montre qu'il va mieux. C'est doux et agréable. Il se recule.

------------------_ « Tu devrais y aller maintenant. » Il sourit. « Ta famille t'attend. J'ai été ravi de te rencontrer... il est rare que je me
------------------sente aussi bien. Merci.
»

Il n'a pas ajouté un mot de plus, il est partit sans se retourner. Je sais que je ne le reverrais probablement jamais. Et, sincèrement, c'est mieux comme ça. Il est temps pour moi aussi d'aller de l'avant... merci Bill.

# Posté le vendredi 27 juillet 2007 11:07
Modifié le vendredi 18 juillet 2008 18:45

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___-___ Nature : OS ___'''__ Personnages principaux : Tom & Léa __-___ Chanson : Breathe me___-___
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• Le 17.o6.2oo9
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Il faut que l'écrive. Ici. Maintenant. Cela m'aidera peut-être à comprendre comment s'est arrivé. Pourquoi s'est arrivé. J'essaie désespérément de tenir mon stylo. Bon dieu j'ai la tremblote. Ecrire m'aidera. J'en suis sur. C'est le seul moyen que j'ai. Si j'écris le déroulement des évenements point par point... ça ira. Ok. Respire mon gars, respire.
Début Septembre. Nous résidions dans un hôtel quatre étoiles de notre capitale allemande. La tournée mondiale n'allait pas tarder à débuter. Je me souviens très nettement que j'étais très excité. Agité. Comme souvent d'ailleurs. Nous avions quelques interview et une scéance photo dans le courant de la journée. Je dois avouer que ça ne me passionne pas vraiment. Répondre à des questions plus stupides les unes que les autres et poser très sérieusement avec l'oeil du tigre... très peu pour moi.
En attendant l'heure, je scrutais la ribambelle de fans en dessous de ma fenêtre. La vue de haut est toujours la meilleure. On voit très distinctement les décolletés mais pas les visages. Je vous assure que la plupart du temps c'est un avantage. Entre les appareils dentaires et l'acné... merci du cadeau. Cela dit, certaines sortent parfois du lot. J'en saute quelques unes dans le mois. Quand j'en ai envie. Parce que c'est bien ça le point positif de la célébrité. Tu baises quand tu veux. C'est aussi facile que de respirer. Les pauvres minettes en chaleur te prennent pour un dieu vivant. Toi, et ta belle gibson toute neuve. Alors oui, je tire mon coup et je les laisse la. Qu'attendent-elles de moi ? Que je les demande en mariage ? Ah, les pauvres si ell